Haiti, dove la moneta locale è la zucca

Terra di misteri. Qui la moneta locale è la zucca. Ma i dollari americani è re. Certamente, Haiti è l'unico paese ad utilizzare anche una fantasma valuta: dollaro haitiano

redazione 23 agosto 2013

Haïti est un pays plein de mystères. L'ultra-violence côtoie une douceur de vie, une richesse obscène frôle la misère des bidonvilles, de grands poètes à la renommée mondiale contrastent face à un analphabétisme de près de 60% de la population, une fierté nationale perdure malgré une très forte diaspora attirée par une vie pleine d'espoir aux Etats-Unis, Canada ou en France…
Pays de mystères. Ici la monnaie locale est en gourde. Mais le dollars américain y est roi. Haïti est très certainement le seul pays à utiliser également une monnaie fantôme: le dollar haïtien; 1 dollar haïtien vaut 5 gourdes. On parle en dollars mais sous la forme de gourdes. Je suis admiratif de la facilité avec laquelle ils parviennent à ne pas se mélanger les pinceaux. Penser et parler une monnaie mais utiliser une autre ! Réminiscence de l'occupation américaine du début du 20ème siècle… En attendant moi je m'y perds.


Un autre mystère qui a la fâcheuse tendance à m'agacer est le manque de petite monnaie: ici dans le pays il est très difficile d'en trouver. Vouloir acheter un repas de 50 gourdes ( =1 euro, 0,75$ américain, 10 $ haitien ) dans la rue avec un billet de 250 gourdes et vous vous retrouvez embarqué dans un imbroglio surréaliste: d'abord la grimace du vendeur de spaghetti vous fera comprendre qu'il n'a pas la monnaie. Après un long moment de silence et de face à face, du genre la scène finale d'un Sergio Leone, le voisinage est mis à contribution mais ici personne n'a jamais de monnaie; du moins personne ne semble vouloir en donner. Produit rare. Les gros billets non plus d'ailleurs. Le vendeur ambulant disparait alors dans le flot de circulation des trottoirs animés pour réapparaître 10 minutes plus tard avec les précieux petits billets.
Les petits stands de rue sont un gagne-pain pour une grande majorité de la population. Les embauches sont rares et la débrouille est monnaie courante. Tout se vend: bières, jus frais pressés, repas ( le classique poulet-riz ), livres, peintures ( des pans de mur entiers sont parfois assaillis par les toiles de modestes peintres "naïfs" ), médicaments ( rares sont les pharmacies, l'automédication est de rigueur ), chaussures, fruits et légumes, objets utiles du quotidien en tout genre … Le tout à même le sol. Pourtant cette vente de rue est officiellement interdite, le gouvernement organise régulièrement de violentes chasses-aux-vendeurs: un camion parcours les rues de la ville, une vingtaines de jeunes gaillards y surgissent armés de couteaux et viennent déshabiller les stands de leur structure. Parfois, comme la nuit dernière, la police intervient de façon plus brutale et cruelle: tréteaux brisés, marchandises dépouillées. Les marchandes ont répliqués en lançant des pierres, les policiers ont tiré en l'air.


La violence est omniprésente en Haïti. Je me souviens de ce 12 janvier 2013, lors de la commémoration des 3 ans du tremblement de terre. Le matin même, alors que les larmes des ambassadeurs invités devaient faire écho au beau discours présidentiel, le camp Saint-Anne, une place située dans le contre-bas du Palais Présidentiel et occupée par des centaines de familles depuis le séisme, était expulsé à coup de bulldozers, les employés de la protection civile ( sic! ) et de la mairie, armés de bâtons, frappaient les plus récalcitrants, laissant des familles sans solution de relogement…
La violence est omniprésente en Haïti, mais l'espoir encore plus grand…


© Corentin Fohlen. 20 août 2013. Ciel orageux sur le Champs-de-Mars.